C’est dans un contexte un peu plus délicat qu’au cours de nos précédents séjours, compte-tenu des difficultés que connait l’association avec Albert et Mayé FAYE en ce qui concerne la gestion de l’école, que nous avons abordé cette mission à Dioral.
Heureusement, Michel Rousseau s’y est, par hasard, retrouvé en même temps que nous, ce qui nous a permis, avec l’aide précieuse de Yves Dubois, nouveau représentant permanent de l’association au Sénégal, d’être totalement autonomes dans notre action à Dioral.
Au village, nous avons rencontré, le 5 décembre, une délégation un peu moins importante que d’habitude (une quarantaine de personnes quand même !), mais représentative de toutes les catégories de villageois concernées par nos actions (les «chefs de carré », les groupements de femmes, les jeunes et les anciens).
S’agissant de nos actions, la situation, parfaitement suivie par la petite équipe qui la gère au niveau du village (notamment Mamadou et Robert) était la suivante :
SITUATION AU 5 DECEMBRE 2008 :
- Micro-crédits
(achat et engraissement de zébus) : 39 accordés depuis l’origine, 12 en cours, à hauteur de 2.400.000 FCFA (200.000 FCFA par micro-crédit).
Il y a actuellement 3 GIE crées par les femmes du village pour recevoir nos subventions, et distribuer des micro-crédits de 20.000 FCFA.
Soit au total, 110 micro-crédits accordés aux femmes pour un investissement « circulant » de 900.000 FCFA seulement… !
Avec ces crédits, les femmes achètent et revendent aussi bien des légumes, que du miel, des arachides ou… des moutons.
15 micro-crédits accordés, à hauteur de 20.000 FCFA chacun, pour un total de 300.000 FCFA, et sur une durée plus longue que les autres (12 mois, prochaine échéance unique pour les crédits en cours : 1er avril 2009).
Ce sont là de vrais « micro »-crédits, puisque les 15 jeunes filles qui en ont été les premières bénéficiaires se sont partagé 50.000 FCFA…
Donc, au 5 décembre, nous avions accordé, directement, ou via les GIE de femmes, 179 micro-crédits. Il semble que tous ceux qui devaient rembourser leurs crédits, l’aient fait, à une ou deux exceptions prés, motivées par le décès des bêtes achetées avant leur revente.
Quoi qu’il en soit, le capital qui « tournait » dans le village, à notre arrivée, était, au total, de 3.365.000 FCFA.
- Suivi des autres actions décidées en mars 2008
Le moulin à mil a été réparé grâce à la subvention de 250.000 FCFA accordée en mars 2008, mais il est de nouveau en panne (fuite d’huile et échappement à revoir).
250 moustiquaires ont été achetées (à 1000 FCFA pièce), ce qui a permis de n’enregistrer, au cours du dernier hivernage, aucun cas de paludisme au sein du village. Mais il en manque encore 133 pour couvrir tous les lits.
DECISIONS PRISES ET SUBVENTIONS ACCORDEES
- 4 nouveaux micro-crédits pour l’embouche bovine, soit 800.000 FCFA.
- 100.000 FCFA par GIE de femmes, soit 300.000 FCFA.
- 6 nouveaux micro-crédits pour les anciens : 120.000 FCFA.
- L’achat de 133 moustiquaires est reporté à mon prochain séjour, car ils ne seront pas utiles avant le mois de juin.
- 30.000 FCFA pour le moulin à mil, à ce sujet, il a été clairement dit aux villageois que cet effort était le dernier ; il faut qu’ils augmentent les cotisations des utilisateurs pour assurer la maintenance de cet engin… avant son remplacement inéluctable.
- 20.000 FCFA, pour l’achat de 2 ballons de football pour les jeunes et 30.000 FCFA pour doter une « coupe de football BARWAGANE – SEN EGALITE » inter-villages.
- 7000 FCFA pour la création d’une « caisse de secours » destinée à venir en aide aux plus démunis (à la disposition des responsables du village).
- Il a été décidé de réserver, pour l’instant, l’affectation des 350.000 FCFA précédemment attribués à la première tranche de la construction d’une case de santé à l’achat de médicaments. (cet argent n’a été rendu par Albert FAYE qui en avait la garde, et a été confié à Y. Dubois dans l’attente d’être utilisé).
- De nouvelles actions sont envisagées en 2009, parmi lesquelles :
- La création d’une petite boutique dans le village, qui en est totalement dépourvu. Celle-ci fonctionnerait soit sous forme de coopérative, soit dans un cadre privé, grâce à un micro-crédit adapté. Le local existe, il reste à définir le projet, trouver les fournisseurs, et, surtout, motiver un ou deux villageois pour lancer l’opération à ma prochaine visite (26 février/4 mars2009).
- La poursuite de la plantation des manguiers. Le champ de DEMBA constitue, à Dioral, l’expérience-pilote, développée par l’association, avec la technique IRRI-GASC.(voir)
Elle sera étendue à d’autres cultivateurs, à raison de 20 à 40 arbres par famille.
-Développement du maraichage.
Edmond Robin sera au Sénégal prochainement, afin d’essayer de mettre en œuvre son système d’irrigation horizontal pour les potagers.
L’idée de créer un bassin de rétention a également été évoquée, car l’eau abonde en juillet-août, pour disparaitre totalement le reste de l’année ; mais y a-t-il assez d’argile dans le sel pour la retenir.. ?
Enfin, voir dans quelle mesure nous pourrions aider les femmes, ainsi que les jeunes sortis du système scolaire, à s’insérer dans une petite activité professionnelle, en finançant des formations…
De gauche à droite, Yves Dubois, Mamadou Ndour, Denis Méducin et Robert.