Denis-Yves MEDUCIN
Mission au Sénégal du 20 au 31 octobre 2007
PROJET DIORAL
Le principal enseignement que je retiens de cette 4ème mission au Sénégal est le suivant :
Avec des sommes d'argent relativement réduites au cours de cette première année (environ 8000 € ont été consacrés directement au village, sans compter les frais administratifs et la participation aux frais de gestion de l'association par ma famille, mes amis et moi-même, au total 24 adhérents de l'association, sans compter les conjoints), nous sommes, semble-t-il, parvenus "à sortir le village de la misère"...
Je mets ce corps de phrase entre guillemets, car ce sont des responsables de DIORAL qui nous l'ont dit au cours de notre journée passée dans le village le 23 octobre.
Si c'est vrai, il s'agit probablement de la meilleure efficacité jamais obtenue par une Association Humanitaire pour une telle somme, sachant que les besoins sont immenses, et que le récent décès d'un petit élève de l'école, mort du palu, doit nous conduire à considérer que l'effort doit être maintenu en 2008; l'idée de financer l'achat de moustiquaires pour tous les enfants du village est d'ailleurs à l'étude.
A notre grande surprise nous avons été accueillis au village de manière absolument exceptionnelle : cavaliers en tenue d'apparat pour nous escorter, banderoles, griots, danseurs, chapiteau et même un micro alimenté par une vieille batterie pour les inévitables mais sympathiques discours....
Celà nous a fait chaud au coeur de voir à quel point les habitants de DIORAL ont apprécié les actions que nous avons menées dans le village depuis octobre 2006.
Nous avons ensuite expérimenté une méthode nouvelle de travail; en profitant du virement que Michel ROUSSEAU avait envoyé aux FAYE, la veille (soit 787 148 Francs CFA, que Mayé avait apportés avec elle), et du micro (bien utile pour couvrir le bruit d'une petite foule d'au moins 250 personnes!),nous avons lancé une concertation "en temps réel" avec les différentes catégories de villageois qui étaient présentes et pris des décisions qui ont été mises en oeuvre sur place, dans les minutes suivantes....!
Ainsi a-t-il été décidé :
D'accorder immédiatement un nouveau micro-crédit, soit 200 000 Francs CFA, pour l'achat d'un zébu (portant le total de ce type de micro-crédits à 20).
De financer les trois groupes de femmes déjà constitués (soit 30 femmes au total)à hauteur de 100 000 Francs CFA chacun (en pratique, les sommes sont prêtées, à parts égales, à chacune des 30 femmes adhérentes des groupes, et servent à lancer des petites activités commerciales, d'élevage, de couture...)
D'accorder un micro-crédit de 50 000 Francs CFA au groupement des adolescentes du village, qui, au cours de la réunion, ont élaboré et défendu avec succès un projet consistant à acheter et à stocker du mil au moment de la récolte pour le revendre plus tard, lorsque que sa rareté a entraîné une progression de sa valeur... Excellente proposition de ces jeunes filles, âgées de 10 à 15 ans seulement, et qui, contrairement aux garçons, n'ont pas demandé des ballons de football....
De consacrer, à la demande du Directeur de l'école publique, 50 000 Francs CFA à l'achat de fournitures scolaires pour les plus démunis (et notamment, à la demande Mayé FAYE, pour les filles), afin d'éviter leur déscolarisation.
Et d'accorder quelques autres subventions ( aux étudiants qui vont organiser une "semaine culturelle" à l'Association sportive (informelle...)pour l'achat de maillots, à la famille du dernier-né dans le village, et au financement de la nourriture et des aliments pour bébés que nous avions apportés au village.
A part ça, le contrôle des comptes n'a rien révélé de particulier, si ce n'est la confirmation que Mayé et Albert ont toujours beaucoup de difficultés à obtenir des factures en bonne et due forme. Aussi, a-t-il été décidé d'acheter chez le papetier, un facturier auto-carboné, ce qui leur permettra d'établir eux-mêmes certaines factures, qui seront ensuite signées par le fournissuer concerné.
Quant à l'école, nous l'avons trouvée en pleine activité, d'autant plus que quelques salles de classe avaient été prêtées au collège.
Dernier point intéressant à signaler: constatant qu'une seule catégorie de villageois n'avait pas encore été touchée directementpar nos actions, nous avons suggéré aux "Anciens" à réfléchir à un projet qui consisterait à acquérir des brebis (grâce à des micro-crédits que nous leur accorderions sur une durée plus longue), pour vendre leur lait, et, peut-être (Albert et Mayé disent pouvoir les former),fabriquer du fromage....à suivre !
Denis Yves MEDUCIN