AVRIL

Une semaine au Sénégal – Avril 2010

Dimanche 4 avril en toute fin de journée nous avons atterri à Dakar encore en effervescence. Les fêtes du 50è anniversaire de l’indépendance se terminent. Fasse que le monument inauguré ce même jour à la gloire de la renaissance africaine puisse tenir ses promesses dans une Afrique qui de jour en jour, du fait d’actions néocolonialistes, s’appauvrit  un peu plus.

Notre mission d’une semaine comporte quatre étapes :
Samaan, pour faire le point de situation du Jardin Tropical Amélioré,
Ndiongolor, pour une visite du dispensaire et de la maternité et pour ensuite remettre l’argent des microcrédits aux villageois,
Dioral, pour la gestion de l’épicerie et de l’embouche bovine,
La Somone, pour rencontrer Richard Rowland un architecte franco-américain.

Lundi 5 avril – Samaan
Moussa le jardinier nous accueille et nous informe des difficultés qu’il rencontre en ce qui concerne :

  • l’alimentation en eau,
  • la présence de parasites dans la planche des courgettes du JTA,
  • la gestion de l’épicerie et le stockage des produits,
Moussa, qui s’est mis volontairement au service de son village mais ne perçoit pas de revenu de son travail, exprime également le souhait des villageois d’être équipés d’une case santé.


          Le potager de Moussa                Pompe et château d'eau de Samane


       Les réserves de l'épicerie            Choux,tomates et aubergines hors JTA

 
Les jeunes apprennent.

Mardi 6 avril – La Somone
Nous sommes chez Richard Rowland, adepte s’il en est du développement durable ; il s’est installé au Sénégal avec sa famille pour y construire une maison en terre selon des méthodes ancestrales (pisé et voûtes nubiennes) et y vivre en autonomie.

La maison de pisé aux voutes Nubiennes constuite par Richard ROWLAND.

Il produit ses légumes sur des jardins de type JTA déjà mis en place  sur nos trois sites et, grâce à une éolienne de sa conception et de sa fabrication, l’électricité nécessaire à sa famille.

                  
 L'éolienne construite par Richard                        On construit en pisé


Le jardin tropical amélioré mis en place chez Richard par François, notre maître jardinier.

Nous l’avons de nouveau rencontré à Saly le 9 avril : il nous a précisé le sens de sa démarche et avons pu ébaucher les conditions d’une éventuelle collaboration.

Jeudi 8 avril – Ndiongolor
Dès 10 h Latyr FAYE et Abdoulaye NDOUR nous accueillent dans un dispensaire remis à neuf par l’armée française. Idrissa FAYE, chef du village, nous rejoint peu de temps après. La pharmacie y est superbement organisée et la maternité la jouxtant propre et très bien entretenue. Une jeune femme vient d’y accoucher la nuit passée et l’aspirateur bronchique que nous avions remis a été pour l’enfant d’une aide précieuse à sa survie.
DJILANE l’infirmière dévouée signale que la vente des médicaments pose problème puisque la marge a été considérablement réduite suite à une décision gouvernementale. La question se pose donc de recettes compensatoires permettant de maintenir les quatre emplois que cette marge permettait d’assurer. Autre souci majeur : l’absence d’électrification de la maternité.

Vers midi nous traversons la nationale 1 pour rejoindre l’école ; une foule bigarrée et en liesse nous y attend. Les danses des femmes se succèdent au rythme des djembés et des balafons.

  Nous sommes accueillis à l'école de NDIONGOLOR.

     Idrissa FAYE, chef de village            Joueurs de djembés, les griots
C'est la fête.....
 Puis c’est la remise des premiers microcrédits après que les responsables locaux, et notamment Idrissa Faye chef du village, aient précisé la nature et les objectifs de cette action.

On va remettre les micro-crédits

Symboliquement nous avons remis la somme récoltée, soit 6800 euros, la répartition de ces fonds étant du ressort de FOGOLA et des responsables locaux qui n’ont pas manqué de souligner la difficulté du choix des premiers bénéficiaires. Une nouvelle distribution est envisagée cette année pour satisfaire la demande.
Quant à l’école, mis à part le réfectoire et la cuisine, tout fonctionne. Le bâtiment réservé aux classes est terminé et les travaux de la cantine et du réfectoire seront achevés tout prochainement. Cependant les repas servis aux enfants matin et midi sont préparés à l’extérieur du bâtiment par les mères et employées de l’école.


Le discours d'Abdoulaye NDOUR, président de FOGOLA et celui de Latyr FAYE


Le discours d'Idrissa FAYE.

L’après-midi, très chaud comme il se doit ici, se termine par un repas commun – zébu, frites - après notre escapade à Dioral.

Jeudi 8 avril dans l’après-midi à Dioral
Nous rencontrons le chef du village ainsi que l’Imam Mamadou NDOUR et les principaux membres de l’association BAROUA GAM. Richard l’épicier, François le jardinier et Demba, le frère d’Albert FAYE sont également là.


Nous saluons DEMBA, frère d'Albert et paysan de DIORAL- Le village de DIORAL.

Mamadou NDOUR l'Imam qui a demande la construction de la chapelle catholique.

Tout va bien concernant l'embouche bovine et le moukin à mil fonctionne.
La gestion de l’épicerie ne pose apparemment pas de difficulté.
Seule question d’importance, l’approvisionnement en électricité. La solution « Senelec » s’avérant dispendieuse et aléatoire, l’installation d’une éolienne de type « Richard Rowland » apparaît vite comme la solution à étudier.

Notre séjour d’une semaine a été très dense, riche de beaucoup de rencontres et d’enseignements ; riche aussi du travail accompli mais plus riche encore de tout ce qu’il reste à faire.

Laurence et les deux Michel, le grand et le petit.